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Puissantes et agiles, le futur du skate sera féminin

A Biarritz, le collectif Skate’Her fait la promotion du skate féminin. Bien que les mentalités évoluent, elles sont encore nombreuses à ne pas oser sauter le pas.

Au skatepark Cosanostra de Chelles, dans les plus grandes compétitions internationales ou simplement dans son quartier, Charlotte Hym, triple championne de France de skate, enchaîne les tricks. Boardslide, nosegrab ou encore flip, la Parisienne de 29 ans ne laisse aucun répit à sa planche et ne s’excuse pas d’être là, au contraire !

Pourtant, quand adolescente elle a commencé le skate avec ses copains sur la place de la Bastille, elle était l’une des seules filles du groupe. A-t-elle été impressionnée ? Jamais de la vie ! Toutefois, Charlotte en a bien conscience, elles n’ont pas toutes cette chance.

Se défaire du regard et des autres pour augmenter la confiance en soi

Voilà pourquoi Lucie Curutchet et Gaëtan Ducellier ont créé le collectif Skate’Her, un collectif de skate féminin basé à Biarritz, et dont le but est de promouvoir la pratique féminine du skateboard. “En commençant le collectif, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de filles qui se mettaient des barrières toutes seules parce qu’elles avaient peur du regard des garçons car de base, le skate est un sport plus masculin que féminin”, nous explique Lucie.

Pour les aider à se défaire du regard des autres, ce collectif de passionnées organise des cours, des sessions libres et des événements spécialement réservés aux filles. “Mais, on n’exclut personne”, prévient Lucie, “le but c’est qu’après on puisse skater tous ensemble !”. Gaëtan, co-fondateur et professeur de skate, le confirme : avant de skater tous ensemble, il faut d’abord prendre confiance. “Quand elles sont entre filles, le poids du regard se dissipe plus facilement”, assure-t-il. 

Tous les lundis soir, le collectif se réunit au skatepark de Capbreton dans les Landes pour enseigner les bases du skate à celles qui ont envie de se lancer et de rider n’importe où. En petit groupe de 8 personnes, Gaëtan apprend aux futures skateuses âgées entre 14 et 30 ans à tenir sur la planche. En effet, tout est une question d’équilibre. “Il faut savoir se positionner et se sentir à l’aise sur la planche”, rappelle le prof. Avant d’enchaîner les tricks, les figures dans le langage skate, le but est donc de tenir debout. Logique.

D’ailleurs, les filles et les garçons skatent-ils de la même manière ? Réponse du professeur :

Chez les mecs il y a beaucoup de compétition. Ils vont s’empêcher de faire certaines figures par peur qu’on dise que c’est moche. Les filles s’en foutent de ça et vont faire des tricks hyper originaux, des trucs vraiment cool. C’est bien qu’il y ait une vision différente !”.

“Les gens prennent conscience que le skate n’est pas une activité marginale”

Mélanie, bientôt 18 ans, est bénévole auprès du collectif. Celle qui a commencé le skate il y a 5 ans, parce que “trop frileuse pour le surf” donne aujourd’hui des cours aux apprentis skateuses de Skate’Her. La jeune femme qui suit un entraînement pour sportif de haut niveau dans le but de devenir professeure certifiée, a été coachée par Gaëtan. Elle se souvient de ses débuts et de son premier ollie, une figure emblématique du skate qui consiste à sauter avec sa planche.

Mais j’ai vraiment galéré à mettre un flip, j’ai mis deux ans. C’était très frustrant, mais j’étais tellement contente quand je l’ai enfin mis que j’ai oublié immédiatement ces deux années”, se souvient-elle. Pratiquer entre filles l’a “mise beaucoup plus à l’aise. Cela permet de créer des liens, de s’entraider, de se motiver et de découvrir de nouveaux styles de skate.” Et celle qui veut devenir un jour prof de skate d’ajouter : “il n’y a pas meilleure ambiance pour une bonne session !”.

Autre objet de motivation et pas des moindres : le skate a fait son entrée aux Jeux Olympiques de Tokyo et sera au programme des Jeux de Paris 2024. Contrairement à la génération de Charlotte, qui reconnaît avoir manqué de modèles féminins, sauf peut-être Elissa Steamer ou Lisa Jacob, celle de Mélanie n’en manque pas ! Cela fait peu de doute que la performance de la Japonaise Momiji Nishiya qui à 13 ans seulement est devenue la première championne olympique de skateboard, marquera les esprits des skateuses en herbe. Sans oublier Leticia Bufoni, star brésilienne du skateboard, suivie par plus de quatre millions de fans sur Instagram.

Grâce aux Jeux, les gens prennent conscience que le skate n’est pas une activité marginale, ce n’est pas un truc de voyous dans la rue !”, s’enthousiasme Charlotte Hym, triple championne de France. Un conseil de la championne pour les jeunes filles qui hésitent à prendre leur skate ?

Ne pas s’intéresser au regard des autres et être entourée de personnes bienveillantes, de gens avec qui tu es à l’aise pour skater. Le monde du skate est très ouvert, si tu es motivée, que tu aimes le skate, tu seras toujours la bienvenue”.